• Graziella Corvini

Réflexion autour du sentiment de culpabilité


Graziella

L’être humain est fait pour vivre en groupe. Ne pas être dans la norme de la pensée de ce groupe peut s’avérer problématique : la majorité exerce une pression. Si le risque d’être rejeté se profile, un libre-penseur préfèrera en général s’aligner et se persuader qu’il vaut mieux renoncer à sa liberté de penser plutôt que de se retrouver seul. Il peut alors aller jusqu’à culpabiliser de continuer à penser différemment en son for intérieur.

Par ailleurs, nous avons tous ancré en nous une norme de ce qu’est le « bien » et le « mal ». Elle provient entre autres de notre tradition judéo-chrétienne. De fait, si nos sentiments vont à l’encontre de cette norme, nous nous sentons également très souvent coupables. Cependant, n’est-ce pas légitime de vouloir nous éloigner d’une personne que nous sommes censés aimer si cette dernière nous fait souffrir par exemple? Comment gérer la culpabilité s’il s’agit d’un père ou d’une mère ?

La tradition judéo-chrétienne nous a également affirmé que nous sommes tous nés « pêcheurs ». Donc nous grandissons avec l’idée que nous ne sommes pas dignes et que nous ne valons pas "grand-chose". Nous avons appris à nous désaimer. Étonnant, le correcteur d’orthographe automatique n’accepte pas ce mot et le remplace par : « désarmer » !

L’expérience de vie, l’introspection, la réflexion et finalement, le bon sens m’ont conduite à un constat : le plus important est d’apprendre à nous aimer nous-mêmes et à nous respecter. Lorsque je parle de « nous aimer », je n’évoque pas une espèce d’ego narcissique qui contemplerait son nombril à longueur de journée, mais de l’amour pour la vie qui coule à l’intérieur de nous ; la vie qui nous a été offerte ! Chacun est libre de s’aimer ou non, mais personne n’a le droit de nous manquer de respect et de mal nous traiter. Si nous aimons la vie qui coule en nous, si nous la considérons comme étant de l’ordre du sacré (et ne pensez-vous pas qu’elle l’est ?) alors la plus grande responsabilité que nous ayons est de la protéger. Cela même si nous devons nous écarter de la pensée judéo-chrétienne qui, en fin de compte, n’est rien de plus qu’une liste de "conseils" qu'il nous faut reconsidérer avec intelligence en fonction de chaque situation. Dans cette logique, je dirais que ne pas nous respecter nous-mêmes est un crime contre l’humanité. Je suis aujourd’hui persuadée que ce n’est que lorsque nous aurons retrouvé le sens sacré de la vie que nous pourrons véritablement respecter l’autre. Respecter autrui ne veut pas dire tout accepter de lui. Si ce dernier nous fait du mal, il est alors de notre devoir de nous en éloigner, ce qui ne nous empêchera jamais de continuer à l’aimer. Ici la culpabilité n’a plus sa place. Chaque fois que nous nous sentons coupables, ayons le réflexe de nous poser la question suivante : en vertu de quelle loi devrais-je me sentir coupable ? Ainsi libres penseurs nous deviendrons, mais en conscience et non par réaction.

Graziella


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